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Pourquoi ne régulons nous pas toujours naturellement ?

Depuis notre enfance, nous avons été régulièrement amenés à traiter des perturbations émotionnelles sans même nous en rendre compte. Par exemple, lorsque nous avons appris à faire du vélo, ou à nager, il est fort probable qu’avant de trouver comment réussir à se maintenir naturellement en équilibre sur deux roues ou à fleur de l’eau, nous avons un peu galéré jusqu’à ce que quelque chose, un déclic s’opère en nous, nous débarrassant définitivement de cette peur inconsciente.


La question est de savoir pourquoi, dans certaines de ces situations d'apprentissage, nous n’arrivons pas à laisser ce déclic s’opérer.


Une hypothèse provient des modèles qui nous accompagnent dans ces apprentissages. Nous ne pouvons repérer qu'une peur inconsciente est à l'origine d'une perturbation émotionnelle que si notre "apprenant" l'a lui même identifié comme tel. Une personne qui a peur des étrangers au point d'en devenir agressif va trouver normal que son fils puisse agresser des étrangers dans la rue. Le père ne va pas repérer que cette violence prend sa source dans une peur inconsciente. Il va même la justifier par des théories extrémistes que l'argumentaire politique rend quasi "correct".


Lorsqu'un enfant est amené à vivre une peur inconsciente face à une situation nouvelle, il va observer, écouter, percevoir l'attitude de celui qui l'accompagne. Si le "maître" est lui même en perturbation émotionnelle, Cela entraîne un vécu d'insécurité qui bloque le processus naturel. L'enfant va progressivement enregistrer les moyens trouvés par le maître pour contrôler cette perturbation émotionnelle.


Durant mes vacances, je suis parti avec mon fils, 10 ans qui sait nager mais déclenchait des empreintes, des peurs, dès lors qu’il savait qu’il n’avait plus pied. Bien qu’il sache nager, il insistait pour que je lui achète des brassards. Nous avions la chance de partir avec mon neveu, de trois ans son aîné, plus à l’aise dans l’eau qu’un poisson. Je me suis dit que c’était l’occasion pour mon fils de permettre à sa capacité de régulation de s'activer naturellement, percevant la sécurité de son cousin.

Au fil des jours, rassurés par la sérénité qui se dégageait de son cousin lorsqu’ils jouaient, il a complètement oublié sa demande de bouée. La sécurité qui se dégageait de l’attitude de son cousin lui avaient permis de se débarrasser de sa peur.


Nous étions avec un ami qui, dès qu'il voyait son fils s’éloigner du bord, le rappelait immédiatement lui rappelant qu’il avait peur lorsqu’il n’avait pas pied et lui disant qu’il ne savait pas très bien nager. Après enquête, j’ai découvert que le père n’était vraiment pas à l’aise dans l’eau. Il venait d'un pays ou l'océan est dangereux et parfois mortel renforçant la légitimité de la peur. Comment dans ces conditions laisser son fils prendre un « risque » alors qu’il se savait en incapacité de venir le rassurer s’il paniquait.


Lorsque nous essayons de comprendre la source de nos peurs, nous tentons juste de les justifier intellectuellement pour les rendre plus acceptable, "normales". Si mon ton ou les termes que j'utilise sont agressif c'est que je crois profondément qu'il y a un danger. Mais si l'enfant perçois ou voit autour de lui que d'autre ne considèrent pas la situation comme dangereuse il va se retrouver coincé entre deux perceptions différentes de la situation.


Petit à petit, l'enfant qui par ailleurs peut avoir confiance en son père pour parfaitement le sécuriser dans d'autres situations va intégrer l'idée qu'il est normal d'avoir peur dans l'eau.

Lorsque nous sommes en situation de maître face à l'élève (parents, enseignants, encadrant) nous ne pouvons nous suffire de justifications intellectuelles pour expliquer nos perturbations émotionnelles. En arrêtant de justifier ses perturbations émotionnelles et en acceptant de les traiter, le maître offre à l'élève la possibilité d'être libre de le dépasser sereinement.


Luc Nicon, dans son livre "Revivre sensoriellement" nous rappelle qu'il n'est pas utile de connaitre la source de notre énervement. "Il nous suffit de prendre conscience que nous sommes agressifs ou violents dans nos propos ou dans nos actes pour nous dire : « Qu’est ce qui se passe dans mon corps ? » et nous laisser guider par nos sensations physiques"*.

Maylis Séguier - Septembre 2015


* Luc NICON, Revivre sensoriellement - Editions "émotions fortes.

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